Ma télé pop

Regardez ma télé musicale! Vous découvrirez des groupes, des musiques et des esthétiques à travers un choix de chansons et de vidéo clips liés à mes souvenirs personnels et à l'histoire de la musique pop. Je vous invite aussi à partager vos impressions.

06 septembre 2008

New Order

Confusion

Quand New Order débarque à New York pour la première fois, le groupe de Manchester est encore sous l’influence de Joy Division et du suicide de Ian Curtis. De nouveau sur la route, ses anciens membres cherchaient un nouveau son en se mettant à bricoler des boites à rythmes.

Ils tombent alors amoureux de la Grosse Pomme et assimilent progressivement ses différents styles de dance-music, comme le post-disco, le Latin Freestyle et un sous-genre du hip-hop baptisé electro, facilement reconnaissable à ses boites à rythmes et au son des synthés kraftwerkiens. Le groupe découvre aussi des boites de nuits qui n’avaient rien à voir avec les discothèques londoniennes. Mais au lieu de danser, le groupe passe le plus clair de son temps à écouter la radio.

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Après l’immense succès du disco morose Blue Monday en 1983, New Order enregistre Confusion avec Arthur Baker, le producteur le plus en vue du milieu de la « dance » new-yorkaise. Le clip, construit comme un reportage, offre un instantané d’une partie de l’univers de l’après disco en montrant des images des kids de la scène Latin Freestyle rassemblés au Funhouse. On y voit les membres de New Order observer avec attention la réaction des danseurs sur la piste lorsque le DJ du club, Jellybean Benitez, passe une bande du single encore inachevé.

L’Hacienda, le club mancunien que New Order et le label Factory monteront un peu plus tard, a été construit en pensant à tous ces clubs new-yorkais.

Une version de Confusion a servi de générique à l’émission de télévision Rockline, dédiée aux nouveaux courants musicaux d’outre-Manche et animée par Bernard Lenoir. Elle était diffusée sur Antenne 2 dans le cadre des Enfants du Rock.

Site officiel de New Order: www.neworder.cc

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23 juillet 2008

Public Image Limited

This is not a Love Song

“This is not a love song…” A 13-14 ans, c’était un refrain qui revenait souvent dans ma tête et que j’ai du entendre la première fois dans l’émission Les Enfants du rock. J’ai compris plus tard, après avoir découvert Public Image Limited et digéré la biographie des Sex Pistols, qu’il s’agissait du second groupe de John Lydon, alias Johnny Rotten.

Quel personnage ce Lydon. Un freluquet roux à grande gueule, provocateur et cynique. Son rire maléfique à l’intro d’Anarchy in the UK, premier méfait des Pistols, en a fait frémir plus d’un. Il inspirera à Greil Marcus un ouvrage de 500 pages, y voyant son sens originel jusque dans la révolte des anabaptistes de Mûnster. Soudainement, à partir de 1976, une horde de jeunes punk-rockeurs cherchera à imiter cette voix juvénile et teigneuse.

En 1978, John Lydon sort des griffes manipulatrices de son mentor Malcom Mc Laren, celui qui importa le punk new-yorkais en Angleterre et créa les Sex Pistols. Lydon fonde alors Public Image Limited et, au lieu de s’attaquer de front à la société de consommation et au capitalisme ambiant, il intègre le « système » pour mieux le subvertir. PiL fait donc partie des groupes les plus innovants et provocateurs de l’après punk anglais, quittant le rock lourd pour des climats dubs lancinants, des guitares acérées et des vocaux encore plus incantatoires et discordants. Hélàs, la vie erratique et la consommation de drogue ont rapidement nuit à la stabilité du groupe. Des tournées sont annulées, des maisons de disque déchirent leurs contrats, sans parler de la personnalité difficile de Lydon. L’insaisissabilité du groupe a contribué à sa légende, mais pour ceux qui ne sont pas dupes, notamment les journalistes, PiL est devenu au bout de cinq ans le groupe le plus paresseux du monde. Sur l'album Live in Tokyo, il n'est composé que de John Lydon, Martin Atkins et de musiciens de mariage du New Jersey.

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En 1984, PiL enregistre l'album This is what you want. This is what you get. Et s’oriente dans une dimension plus pop et commerciale. Ce qui n’empêche pas Lydon de conserver tout son fiel contre la société de consommation. En témoigne cette vidéo où il joue les dictateurs. Sans langue de bois, il assène This is not a love song tel un slogan publicitaire. A contre courant des crêtes iroquoises et des Perfecto perforés d’épingles, il parade en costume et en décapotable, au milieu d’avenues désertes et de buildings en verre, symboles du capitalisme fort. Malgré le ciel bleu d’été, l’ensemble est d’une beauté froide, inhumaine. On peut y voir la satire de tous ceux qui sont au pouvoir et qui le revendiquent haut et fort : rock star, businessman ou homme politique.

La chanson eut un certain succès et une nouvelle génération, dont je fais partie, qui n’avait pas connue les premiers albums, découvre alors PiL et se met à remonter le fil historique du punk anglais.

Le site officiel de John Lydon: www.johnlydon.com

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12 août 2007

The Cure

The Walk

Entre juin 1982 et l'été 1983, The Cure se reconstruit petit à petit. Lors de la tournée qui suivit la sortie de Pornography, le groupe sombre dans l'autodestruction. Après un concert donné à Strasbourg, une violente dispute a opposé Robert Smith et le bassiste Simon Gallup. La tournée européenne s'achève alors prématurément et chacun retourne dans son coin sans se dire un mot. Un titre sort quelque temps plus tard: Lament. Il est signé The Cure alors que tous les instruments sont joués par Robert Smith. Puis Smith retrouve Tolhurst pour enregistrer un 45 T: Let's go to bed. Le style change, devenant dansant et synthétique. Le clip est réalisé par Tim Pop. Ce dernier deviendra le réalisateur de clips attitré de The Cure. Les paroles, un peu niaises, conviennent parfaitement pour les radios. C'est un succès. Bien d'autres, dans la même veine, suivront.

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The Walk sort en juillet 1983, avec des références japonaises qui font échos au voyage que Robert Smith a effectué avec Steve Severin, le bassiste de Siouxsie and the Banshees, au cour d'un projet parallèle intitulé The Glove. C'est alors que je découvre The Cure pour la première fois, sur Antenne 2 dans l'émission Les Enfants du Rock. Je n'avais pas remarqué la coiffure en porc-épic de Robert Smith: le choc viendra un an après avec la vidéo Caterpillar Girl. Mais je fus surtout séduit par l'univers ludique et coloré, insouciant et doucement barré du groupe. J'étais loin d'imaginer que The Cure avait été auparavant un des groupes les plus noirs et neurasthéniques du post-punk anglais.

Le site officiel de The Cure: www.thecure.com

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